23 septembre 2009

Jeanne d'arc et Luc Besson

Bonjour à toutes et tous,

Voici notre première rencontre de passée. Peu de gens sont venus, probablement à cause d’un petit problème d’affichage (ce que nous pourrons améliorer dans le futur). Nous avons écouté le film de Besson sur Jeanne d’Arc. Si vous ne l’avez pas vu il la présente comme une illuminée. Nous avons un peu discuté après, malgré l’absence de professeur, voici ce qui ressort de cette rencontre.


La discussion a tourné autour de la représentation de Jeanne par Besson. Le film est divisé en trois partie : l’enfance jusqu’à la rencontre du roi, les actions militaires et son procès. Nous avons trouvé que les informations historiques étaient escamotées, les évènements ne sont pas expliqués. Tout est mis en œuvre pour appuyer la thèse du réalisateur : elle est folle, car elle entend des voix. Le problème est était-ce vraiment un signe de folie à cette époque? La religiosité était plus présente, plus vécue. Est-elle la seule à avoir agit sur ce qu’elle croyait être un message divin?


Par contre, Besson nous souligne l’appui des dirigeants ou grands généraux, sous les ordres du roi, dans les actions militaires de Jeanne. Il nous présente des mouvements désordonnés sous les ordres de Jeanne, qui semble exaspérer les généraux plus que les mettre en confiance. En quoi une Pucelle peut-elle revigorée les troupes? Comment peut-elle dirigé une armée médiévale, avec tout ce que cela comporte de logistique et d’équipement? En omettant la dimension historique, la Guerre de Cent Ans, nous ne pouvons comprendre la réaction des troupes face à Jeanne la Pucelle.


De plus, Besson la présente comme une jeune bergère illettrée. Ce qui soulève d’autres questions : comment peut-elle rencontrer le roi et se faire comprendre de lui? Se battre à cheval, à l’épée, en armure? Toute la partie du procès comprend de nombreuses lacunes. Contrairement au compte rendu de ce procès, elle ne répond pas aux inquisiteurs et elle semble torturée par sa conscience (joué par Dustin Hoffman).


La question centrale que nous nous sommes posés repose sur le but du film. Que voulait-il nous dire de l’héroïne nationale française? De la France à travers cela? Qu’il y a dérive? Malgré tout, Jeanne a quand même reconquis Orléans et fait couronné le roi Charles VII à Reims. La question demeure ouverte…pour le forum.


À la prochaine!

Annie Comtois

19 septembre 2009

Bienvenue sur le site des Médiévistes Anonymes de Montréal

Bienvenue sur le site des Médiévistes Anonymes de Montréal !
Sans vouloir faire l’apologie de l’histoire en général et de celle du Moyen Âge en particulier, il convient de dire quelques mots sur la mission, ou plutôt la raison d’être, des Médiévistes Anonymes de Montréal et de ce site.
Le site du MAM se veut un outil de communication, de rassemblement mais aussi une vitrine. Plus qu’une vitrine en fait, un point de diffusion.
Notre société entretient un raport ambigu avec le passé mais particulièrement avec le Moyen Âge.
D’un côté il y a peu d’intérêt pour son histoire puisque celle-ci est apparemment peu utile. Sans trop risquer de se tromper, on pourrait dire qu’en général la connaissance historique  est loin d’être considérée comme importante et certainement pas comme une fin en soi. Le principe ars gratia artis où le savoir est sa propre récompense ne semble plus être applicable de nos jours. Combien de fois avez-vous dû répondre à la question « à quoi cela sert, faire de l’histoire? ».
De l’autre côté il y a un intérêt sans cesse renouvelé pour le Moyen Âge sous des formes d’expressions artistiques et ludiques. Le Moyen Âge semble un espace fertile et apprécié pour l’imagination et l’idéalisation. Il est même possible de voir dans l’intérêt populaire pour le Moyen Âge une certaine forme de réaction contre la modernité. Comme la plupart des événements historiques, cela ne date pas d’hier.
Même si la Renaissance tourna le dos au Moyen Âge et que des auteurs comme Cervantès trouvèrent sujet à satire dans la chevalerie, cet assombrissement ne dure pas éternellement. Dès le XVIIIième siècle, des deux côtés de la Manche paraissent des ouvrages faisant l’éloge des valeurs de la chevalerie et du Moyen Âge. Cet intérêt s’étend et se répercuta bientôt autant dans la littérature, que dans l’architecture néo-gothique et la peinture. On peut facilement imaginer que la Révolution limite sérieusement la curiosité pour le médiéval en France, mais elle la stimule ailleurs. Les exécutions de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que les violences associées à la révolution crée en Angleterre un mouvement contraire, un intérêt pour un passé qui incarne la stabilité et l’ordre.
Au XIXième siècle ce mouvement qu’on pourrait qualifier de romantique, néogothique ou même néomédiévaliste (un néologisme popularisé par Umberto Eco) s’emballe. En littérature Sir Walter Scott en est la vedette et en peinture différents artistes remettent à l’ordre du jour des sujets médiévaux (le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente les œuvres de l’un d’eux, J.W. Waterhouse à partir du 20 Octobre 2009).  La longue durée de vie de ces représentations est surprenante.
Le XXième siècle voit des changements dans le médium de diffusion de l’image médiévale grâce à la photo puis au cinéma. Ce mode de diffusion touche un large public et véhicule nombre de clichés qui sont toujours avec nous. Dans la deuxième moitié du siècle, une expression particulière (peut être ultime) du néomédiévalisme se répand sous la forme de la S.C.A. et autres confréries de ce genre. Fondée en Californie en 1966, lors d’un tournoi (!), la Society for Creative Anachronism, permet à ses adhérents de vivre un Moyen Âge hautement idéalisé. L’observateur de l’expression néomédiévale se transforme alors en sujet, en canvas de cette expression et littéralement intègre l’oeuvre. Même les jeux vidéo (dont les univers multi-joueurs d’inspiration médiévale pullulent) ne peuvent aller aussi loin. Rendez-vous sur le Mont-Royal un dimanche, en évitant les tam-tams, pour en avoir un avant-goût.
Qu’est donc le MAM dans tout ça? En plus d’être le hérault de certaines activités à caractère médiéval et académique, c’est un lieu de contact et d’échange. Beaucoup d’entre nous travailllons solitairement dans nos scriptoria et le site se veut un outil  et un prétexte de rencontre. Occasion de discuter, occasion aussi de répondre à des questions et de répandre autant que possible l’histoire du Moyen Âge et non seulement son image. 
Sous un format forcément plus court et simple d’accès, nous présenterons des bribes du Moyen Âge tel qu’on croit le connaître, et non pas seulement tel qu’on voudrait qu’il fût.
Le MAM est là en modeste mesure, pour se rappeller et redécouvrir des briques du passé, quitte à ce que ces matériaux soient repris et transformés pour la mise en place de nouveaux édifices. Les créations n’en seront que plus solides.